Enfin des histoires de sexe ou les femmes parlent de leurs fantasmes sans tabous
C’était à la mi-septembre, le soleil ardent jaunissait peu à peu les plants de blé autour du petit chemin d’herbe que je parcourais, pressait avec force sur la peau tannée de mon torse dénudé.
Pas un souffle de vent n’était perceptible.
Je m’en allais, le cœur léger, vers la vigne du vieux père François qui, chaque été, engageait des « bons gaillards de la cité » pour aider aux champs.
Travailler la terre à la force de mes bras, nu, sous le soleil me plongeait dans une insouciance naturelle, un retour à la nature et à l’innocence.
Le travail au champ étant terminé, j’avais promis au père de rester deux semaines de plus pour aider aux vendanges.
Arrivé tôt ce matin là, je pus faire la connaissance d’autres jeunes habitants du village, dont Sophie et Melissa, deux charmantes créatures d’à peine mon âge dont le souffle bouillonnant de vie pressait fort contre la chemise de coton qui en constituait le seul rempart.
Tels une tribu primitive dans le jardin d’Eden, nous nous mîmes vite au travail, pendant que certaines femmes sans âge chantaient de douces mélopées, accompagnées par les enfants du village, nous autres jeunes gens étions monté au plus haut de la pente pour y cueillir les grappes gorgées de lumière.
Ma main soupesait les fruits généreux tandis que je les détachais délicatement, dans ma bouche la rugosité de leur enveloppe laissait place à un nectar sucré, légèrement aigre, qui m’empêchait de sombrer totalement dans une douce béatitude.
La vigne s’épanouissant sur plusieurs hectares il n’y eût à la fin de la matinée, dans l’étendue de verdure qui me portait, d’autre être vivant que la douce Melissa cueillant les ceps de ma rangée et progressant dans ma direction.
Distrait par le chant des oiseaux et l’éternité, je ne vis pas immédiatement que ma main, modeleuse artistique de la nature, avait frôlé sa consoeur et s’apprêtait à cueillir d’autres fruits.
Mes yeux plongés dans le regard de Melissa, cette autre architecte éclairée de la nature, y lisait l’envie réciproque d’exercer une créativité nouvelle.
Sans un mot, sa main porta le bien que nous tenions tous deux à mes lèvres avant d’y mêler les siennes.
Avides d’exister, nous mordions à pleines dents, laissant couler l’ambroisie le long du parcours sinueux de notre peau dorée.
Suivant naturellement cette rivière, loin de tous les interdits de l’absurde société maintenant si loin, j’arrivais dans un creux formant un lac.
J’y bus longuement tel un animal assoiffé rencontrant une oasis providentielle.
Ma langue humide parcourut les vallons environnants, désireuse d’en connaître chaque contour.
Allongé dans le long couloir, me mêlant à la terre nourricière, je poursuivais mon exploration aventureuse tandis que la douce murmurant innocemment s’emparait de mon intime vigueur, épaississant mon désir.
Débarrassés de nos vains costumes d’êtres civilisés, nos caresses n’eurent plus de limites ; frôlant les pourtours d’une âtre brûlante et me rapprochant du centre de ce tourbillon j’y plongeai finalement tel un plongeur intrépide, provoquant des remous semblant atteindre le fond de cette grotte sous marine sans fin.
Melissa, qui m’enveloppait de ses lèvres chaudes, fit soudain disparaître la gravité.
La terre disparaissait, nous flottions dans l’espace infini où nos enveloppes inachevées allaient reprendre leur forme originelle, connectées tour à tour par notre regard, notre bouche, nos doigts enlacés et nos intimités parfaitement complémentaires.
La chaleur et le plaisir passaient librement de l’un à l’autre, la nature entière célébrait cette union tandis que la vigueur offerte par la nature me poussait à l’aimer de plus en plus fort.
Bientôt la discrétion ne fut plus, l’émotion devenait trop pressante pour notre simple corps et notre étreinte sauvage se mit à déteindre sur le monde environnant.
Elle était mienne, je la prenais, comblais ses envies inavouées.
De mes mains j’épousais toutes ses courbes, faisait frémir sa peau douce et légèrement sucrée.
Ma peau sèche ceignant mes muscles tendus contrastait avec la générosité de ses formes, le moelleux de sa croupe amortissait ma fermeté.
Ses entrailles avides m’enserraient étroitement, m’aspiraient, insatiables.
L’orgasme nous prit par surprise, un éclair parcourut notre regard, un bref instant nous vîmes entièrement clair l’un dans l’autre, partageant nos pensées et puis à la fin de cet élan vertigineux nous nous retrouvions soudain sur le sol, baignant dans le jus de raisin et le jus de l’amour.
Juste à temps pour entendre les appels lointains et légèrement inquiets de nos congénères.
Toujours aussi innocemment, nous nous débarrassâmes des branches et de la terre qui avaient remplacés nos vêtements, puis nous nous dirigeâmes, l’âme légère, vers la table où était servi le repas. |