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Impossible de dire depuis combien de jours, mois voire années j’ère dans ces landes mornes et ce paysage déchiqueté, depuis quand je n’ai pas eu sous ma main la peau blanche et lisse, le galbe délicat d’une fesse humaine.
Sur mon dos dénudé, tanné par le soleil, ruissèlent les plaies encore ouvertes de mes ébats épisodiques avec les harpies.
Leur violence bestiale, ainsi que la perversion maladive des nymphes hantant ces bois, ont achevé de me rendre à jamais blasé.
Désabusé depuis la fin de la guerre, hanté par les cris de mes compagnons, autant que ceux de nos ennemis, les hommes du seigneur mage du crépuscule, comme aime à se faire appeler cet enfoiré, j’ère à la recherche de ce dernier sur le dos de mon fidèle lama scandinave, dernier survivant de son espèce et d’un âge bien avancé maintenant…
Ces journées passées sans but sont mon agonie, le poison de l’ennui et la culpabilité se répand dans mes veines, dans mon âme, tandis que la soif me dessèche la bouche.
Ainsi je délirai, avançant lentement sous le soleil de plomb.
Je crus soudain ma dernière heure venue et les esprits hantant le couloir des nimbes me susurrer mon jugement dernier quand j’entendis ce qui de très loin pouvait s’apparenter à des voix d’hommes, ou plutôt des rires, dont la tonalité ne présageait rien de bon, et en aucun cas faire remonter dans mon estime notre espèce en pleine dégénérescence.
« Ah ah, tu aimes ça petite salope hein ?
Attends voir que je t’enfile mon gros dard bien poilu ! »
Et le sens de la poésie en plus...
Descendant de ma monture, je décidai d’aller voir de plus près, et me faufilai discrètement entre les cyprès, avec pour seuls apparats un vieux pantalon de jute usé et mon bâton de pèlerin, dont la longue lame intérieure était si émoussée que les blessures qu’elle provoquait ne cicatrisaient jamais…
« Laissez-moi tranquille ! Mon père vous donnera de l’argent ! ».
« Arrête de remuer, si tu ne restes pas tranquille c’est ta petite sœur qui va prendre !
Je suis sûr qu’elle suce bien, et sa petite chatte doit être encore plus serrée que la tienne ! »
Des bruits de claques et des cris féminins m’incitaient à accélérer le pas.
En écartant les buissons épineux, j’assistai à une scène devenue courante dans ce monde en perdition.
Une jeune fille, vêtue de manière paysanne, était liée à un arbre par plusieurs cordes lui enserrant les cuisses et les bras.
Une situation semblable à une rencontre sado maso.
Avec cette beauté innocente particulière des filles du peuple, je pouvais dire aux traces de farine dans ses cheveux qu’elle était boulangère, ou du moins travaillait dans ce domaine.
A ce propos, depuis quand n’avais-je pas senti l’odeur et le goût dans ma bouche du pain fraîchement cuit ? Mais là n’était pas la question.
La pauvre païenne était déculottée, et deux hommes en armure étaient occupés à lui administrer de généreuses fessées, tandis que trois autres maintenaient ce qui devait être la petite sœur, qui se débattait tant bien que mal et tentait de mordre ses tortionnaires, cinq hommes dont je ne pouvais reconnaître le blason, mais en apparence de vulgaires sous-fifres.
Peut-être néanmoins qu’une petite stratégie s’imposait.
L’un des hommes déchira la chemise de coton de l’aînée pour dévoiler les deux seins les plus appétissants et généreux que j’avais vu depuis mon entrée dans ce monde vicié, sa peau lisse et laiteuse semblait tendrement sucrée.
A leur vue, je sentais presque ma langue les parcourir, c’est donc avec un frisson de dégoût que je vis ce qui semblait être le chef des brigands insérer son organe entre ces deux sphères et se mettre à les presser vigoureusement, tout en battant la mesure en direction de son visage.
Un autre s’apprêtait à pénétrer la délicieuse prisonnière.
A ce moment, la plus jeune mordit violemment la main du soldat lui enserrant la gorge, et lui tira un féroce cri de douleur.
Le malandrin lui administra un coup violent à la figure et la petite fut projetée à terre.
« Petite sauvageonne, tu vas voir ! » et il dégaina son épée. »
« Hé toi, sale cloporte, ça t’excite de maltraiter une enfant de la sorte ?
Trouve-toi plutôt un adversaire à ta taille ! »
Ça c’est moi, qui venais de sortir de ma cache, sans vraiment me demander si mon petit numéro de héros allait être crédible.
« Aah c’est quoi ça ? Un satyre ! Un homme-bouc ! »
« Ah ah ah aaah ! »
Mes cheveux et ma barbe n’avaient en effet pas du être coupés depuis quatre ou cinq ans.
« Je sais pas qui tu es, clochard, mais tu ne dois pas tenir beaucoup à la vie ! »
Sur ce point-là, il n’avait pas tout à fait tort.
Les cinq se retournèrent vers moi, tirant leurs épées de leur fourreau, tandis que le cinquième continuait l’air de rien à s’agiter nerveusement entre les seins des pauvres demoiselles.
Je voyais à leur manière de tenir leurs armes leur manque d’expérience au combat, mais il ne fallait pas sous-estimer les vertus de l’entraînement.
Le premier tenta de me décapiter, m’accroupissant je sentis la lame filer au dessus de ma tête.
En lui frappant les jambes de mon bâton, je le mis à terre, sortis la lame et fit face aux trois autres. « Je ne veux blesser personne, alors vous allez juste empaqueter vos affaires et foutre tranquillement le camp d’ici ! »
« Tu te fiches de nous ?
A mooort l’homme-bouc !».
Les trois me sautèrent dessus simultanément.
J’esquivai les coups des deux premiers par un périlleux arrière, mais ne pu éviter la lame du troisième, qui me tailla une plaie béante au niveau des côtes.
La douleur est une sensation sourde, qui fait perdre la mesure de toute chose.
Ça et la vision de la jeune femme blessée, cette émotion étrange qui montait en moi depuis tout à l’heure était en train de prendre le dessus.
Cette lueur sombre d’autrefois m’illuminait à nouveau.
Tout devenait si simple. Détruire, tuer…
Je voyais à leur expression de terreur que quelque chose avait changé.
La suite reste assez floue dans ma mémoire, les choses allaient de plus en plus vite, des coups, des cris, beaucoup de sang.
Et puis assez vite le vide total.
Quand je revins enfin à moi, j’étais dans une pièce sombre, ou seul filtrait un rayon de lumière, illuminant une légère poussière.
« Suis-je mort ? marmonnai-je dans la langue de mes ancêtres. »
« Aaah, enfin tu reviens à toi ! Noble étranger… Je te dois la vie ! »
La charmante boulangère était assise dans l’obscurité. Quelqu’un m’avait enlevé mes vêtements et ma blessure était pansée.
« Je n’ai jamais vu autant de cicatrices, s’ils n’étaient pas tous morts je croirais presque à un des samouraïs de la vague rédemptrice, partis arrêter le mage fou lors de la grande guerre, il y a sept ans… »
Elle ne croyait pas si bien dire.
« Ah ah suis-je bête, tu es beaucoup trop jeune, je n’aurais d’ailleurs jamais pensé que sous cette toison hirsute se trouvait un visage si doux et séduisant ».
De ses doigts longs et fins, elle caressa mon visage. C’est alors que je me rendis compte que l’on m’avait rasé.
« Je t’ai coupé les cheveux aussi, tu as un air tout à fait respectable comme cela.
Je t’ai aussi fait apporter des habits un peu plus seyants. »
Ce faisant, son visage s’approchait lentement du mien.
« Ce soir aura lieu une fête en ton honneur.
Mais il nous reste quelques heures me susurra-t-elle. »
A travers sa voix tendre, je percevais néanmoins un soupçon d’inquiétude.
« Il me faut remercier mon sauveur comme il se doit, et ne t’inquiète pas, je ne révélerai ton secret à personne ».
Mon secret ? Qu’avait-il bien pu se passer dans cette forêt ?
Je sentais une vieille panique ressurgir, mais ses lèvres sucrées avaient touché les miennes, et le contact soudain de sa langue me fit oublier toute interrogation.
Son baiser était si doux, je sentais la vie à travers ses respirations chaudes, s’insinuer en moi, nourrir mon âme desséchée.
Cette même vie qui émanait de sa poitrine ; lui enserrant le sein de ma main, je percevais les battements de son cœur qui peu à peu s’accéléraient.
Elle descendit soudain le long de mon torse, me griffant légèrement de ses ongles argentés, pour s’emparer de mon sexe gonflé, approcher son visage tandis qu’elle le caressait longuement de sa main ouverte.
Elle l’empoigna soudain à pleine main, et l’inclinant à 90 degrés, le prit goulûment dans sa bouche.
M’aspirant, elle allait et venait, me dégustait de façon gourmande.
Mes mains se perdaient dans ses longs cheveux fins d’un blond lumineux.
Le regard vide en direction du plafond, je flottais.
Lorsqu’elle remonta le long de mon corps, je vis son visage au-dessus de moi, rayonnant tel celui d’un ange.
Sans un mot, elle défit sa robe et me chevaucha, telle une fière Amazone.
Elle inséra ma virilité dans son âtre chaud et humide, dont les effluves fertiles parvenaient jusqu’à mon visage.
« Oh, mon héros, me murmurait-elle, fermant les yeux à moitié, allant et venant sur moi dans un rythme hypnotique ».
Ses gestes étaient incroyablement sensuels, elle allait et venait lentement sur moi, telle une vague, complètement absorbée par l’énergie qui émanait de nos deux corps, et le plaisir les emplissant jusque dans les moindre recoins.
Retrouvant mes forces, je m’emparai soudain d’elle par les cuisses et la soulevai.
L’asseyant sur une vieille commode de bois, je lui faisais maintenant l’amour de manière plus vigoureuse, faisant claquer sa peau, la pénétrant du regard.
Passant ses jambes tendues par-dessus mes épaules, j’en profitai pour les lécher et goûter ainsi à sa peau si délicieuse.
Mes mains s’aventuraient le long de ses fesses tendres, les griffaient, glissaient aux alentours de son intimité, mouillées de sa cyprine de plus en plus abondante.
La coquine se mit à crier plus fort maintenant, elle me repoussa sur le lit et, se retournant, se mit à frapper rapidement ses fesses sur mon bassin, s’appuyant sur ses mains serrées dans les miennes.
Tournant légèrement la tête, elle respirait fortement, tandis que je lui mangeais l’oreille, soufflait un air chaud pour lui faire perdre le contrôle.
Ses omoplates frottaient contre ma blessure, et sa légère transpiration me brûlait mais c’était secondaire.
Tandis qu’elle était prise d’un long orgasme, je maintenais la cadence, accélérait même, soucieux de lui laisser un souvenir impérissable.
Je ne pouvais bientôt moi-même plus tenir, et lui enserrant la poitrine, j’éjaculai en elle à grandes saccades, lui mordant le cou tandis qu’elle continuait à gémir de sa voix claire et angélique.
Elle s’affaissa sur moi, levant la tête, poussant un soupir et reprenant son souffle.
Je l’enlaçais alors, et restai ainsi, la tête vide de toute pensée.
Pendant ces instants, j’avais eu l’impression de revivre, avais frôlé des sensations enfouies au plus profond de moi.
Après tout, je n’avais que vingt-six ans, peut-être la rédemption, un nouveau départ était-il encore possible.
Mais la note pour moi était salée, j’aurais sûrement à m’expliquer, peut être devant le diable lui-même…
Pour l’heure, ma tendre hôtesse me souriait, d’un air si pur. Du bout du doigt, je lui frôlai le nez.
J’aurais pu rester ainsi pour l’éternité. Elle finit par se relever, peut être une heure plus tard.
« Les festivités vont débuter.
Viens, il est temps, j’ai hâte de te présenter au reste du village ».

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